PUBLICATIONS - RÉSUMÉ ANALYTIQUE
COLTAN EAST
PUBLICATIONS - RÉSUMÉ ANALYTIQUE
COLTAN EAST
CAPTION 12 - GOURU [RÉSUMÉ ANALYTIQUE] - 30/01/2026
Dans cette bulle de résonnance, dans cette immense salle de conférence, pourtant si exiguë, que l’on s’y étoufferait, asphyxié par les tourmentes oppressantes du public, un gourou prêche. Le meneur d’hommes délivrant pléthore de beaux palabres imagés, de verbes parfaitement conjuguées, de maximes enivrantes, pour faire valser les consciences ou pour ne rien dire. Un public extasié, hypnotisé dont le cerveau est dilaté par le mal-être.
Parce qu’il n’y a qu’une détresse émotionnelle envahissante qui puisse justifier que l’on ose exposer sa vulnérabilité ou plutôt les maux de son esprit, aux oreilles de vulgaires inconnus. L’adrénaline galvanise les fidèles adorateurs et initiés, qui l’espace d’instant, comme amnésiques, oublient le prix dont il a fallut s’acquitter, pour entrevoir la voie d’un existence plus radieuse ou pour percevoir la voix de celui qui saura nous y guider.
Dans ce tourbillon, marqué par le travelling circulaire, l’élu du soir est fait prisonnier par tout ces regards insistants, qui l’invite à délivrer par la confession, comme le psychologue assermenté qui l’oreille grande ouverte, porterait une attention particulière à son patient.
Quand l’impression d’être enfin aligné à soi se manifeste, que les grandes versets écoutés en boucle, prennent désormais sens, alors le doute réapparait. Le bourdonnement des amplis sonores et du micro mal accordé s’estompe, celui qui masquait l’effet placebo de cette thérapie de groupe, parce qu’une fois dehors, il faut bien poursuivre sa vie comme on l’a toujours fait.
Une discipline de fer, une séance d’auto-persuasion, un bain froid pour anesthésier ou faire taire celui qui, au fond de nous, pourrait remettre en question ce monde auquel on s’est convaincu de croire; cette réalité qui semblait nous satisfaire mais qui ne nous laisse pas le temps de soigner réellement nos blessures. Mais il faut être généreux de nature pour donner autant de soi, ou admettre finalement qu’il n’est question que de business, et que pour rien au monde, on ne pourrait abandonner ce juteux filon.
D’ailleurs, derrière un gourou, un mentor, ou peu importe le titre qu’on lui accorde, se cache un autre personnage à l’envergure colossale et aux ambitions intarissables : conquérir et traquer les crédules, peu importe d’où ils viennent, pourvu qu’ils soient assez naïfs pour croire que le tarif affiché garantit la pertinence de ce débit de mots bien structurés.
CAPTION 11 - LE MAGE DU KREMLIN [RÉSUMÉ ANALYTIQUE] - 25/01/2026
Vadimir Baranov, conseiller principal, personnage secondaire. Metteur en scène et acteur de premier plan, sur la scène politique comme sur la scène dramaturgique.
Des soirées mi-mondaines, mi-électro sous terrains, aux grands bureaux boisés du Kremlin. L’ascension fulgurante d’un showman soviétique, bien plus éveillé et ambitieux que ses congénères. Le mage, as de la communication, armes aiguisés, s’employant à faire s’élever au rang de tsar, d’empereur suprême, celui que l’histoire a nommé pour redonner de sa grandeur à l’état disloqué.
Au service d'un pouvoir établi à bout de souffle, face à la population de son actuel et ancien territoire, qui se soulevant, conteste l’ordre établi; le stratège obligé de parfaire sa panoplie d’instruments de propagandes ou de dissuasion.
De force or de force grés, les contre-pouvoirs rallient la cause au nom d’un seul et même objectif, balayer le souffle américano occidental, menaçant l'équilibre d'une nation et surtout la véracité d'une récit obsolète dont l’opinion s’est lassée d’entendre.
Quelques haltes sur les bords azuriens, permettant de ficeler la trame d’un récit modernisé, qui ne cachent pas son intention de museler les opposants ou résistants, dans la plus pure lignée historique.
CAPTION 10 - L'AFFAIRE BORJARSKI [RÉSUMÉ ANALYTIQUE] - 19/01/2026
Brabin… Brabinsky… Borjarsky. Bref, une affaire d’immigrés dans l’Hexagone des années 50. Une époque d’après-guerre où franciser son patronyme est monnaie courante, surtout pour ceux qui souhaitent durablement se faire une place dans le pays des droits de l’Homme.
Cet immigré polonais, à qui l’on aurait pu reprocher quelques années plus tôt de ne pas parler un mot de français, finit par nous surprendre en s’exprimant comme un natif, sans le moindre accent. Ce même trait distinctif qui aurait permis de le confondre un peu plus tard. N’était-ce pas le fruit d’un désir profond d’assimilation du prénommé Jan, et donc de la volonté du réalisateur de rester fidèle à la réalité ? Ou bien un détail de peu d’importance ?
Un défilé de quatre roues, de costumes trois pièces et de parures. Des chefs-d’œuvre visuels laissés sans signature par leurs auteurs, sublimés par leur nouveau propriétaire. Mais la plus grande satisfaction ne naît-elle pas dans les yeux de l’autre ? Dans l’effet produit sur un regard extérieur, et qui plus est sur une âme spectatrice plus aguerrie. Celle qui saurait reconnaître à la fois le talent, la précision du geste, la justesse de l’exécution et le plus infime des détails, même le plus dérisoire.
Le perfectionniste avéré réalise une prouesse sans égale et cherche tant bien que mal à atteindre le sommet de son art. Puis il s’extasie lorsque son œuvre, longtemps exposée anonymement, lui est enfin associée. Son génie, reconnu de tous. Son nom, jusque-là mal prononcé, mal orthographié, trop étranger, fait cette fois la une, les gros titres. Enfin dévoilé.
Et le comble de la jubilation personnelle, l’apothéose, ne serait-il pas d’obtenir la validation — mieux encore, l’admiration — de son rival de toujours, sans qui finalement le jeu n’aurait pas valu la chandelle ? Celui-ci finissant par reconnaître chez lui une singularité, une intention et une conviction...
Le narratif prend fin en suggérant, comiquement, qu’une ingérence politique étrangère aurait pu orchestrer un tel scénario. Comme un artifice supplémentaire destiné à flatter l’égo de l'ingénieux Borjaski.
CAPTION 9 - FRANTZ FANON [RÉSUMÉ ANALYTIQUE] - 15/01/2026
Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.
Aux barbares, à ceux que l’on croyait trop sauvages ou pas assez civilisés pour s’autodéterminer.
Face à la violence du bras armé d’un régime controversé, d’une institution outre-Méditerranée qui n’a que pour seul recours la répression et l’austérité, et dont elle est la seule à pouvoir légitimement jouir. Une autorité désinvolte qui fonce tête baissée, menacée par un soulèvement populaire, qui pourrait annoncer une débâcle cuisante.
Docteur Fanon, psychiatre de métier, soignant des réprimeurs et des réprimés sans exception. Tous ceux dont les vigoureux maux de l’esprit ne demande qu’à être soulagés. La thérapie psychiatrique se révélant être le remède aux tiraillements de l’homme face à ses péchés. Celui qui au nom de la république, fit taire sa raison. Alors ressurgissent à la surface, les névroses, symptômes d’une conscience qui s’est longtemps éclipsé.
Les forces vives devenus chiffes molles, résolument inertes.
Fanon, fils adoptif de Tunis et d’Alger, engagé dans un combat contre la maladie pour ses patients et pour lui même. Aux damnées de la terre, le pas marqué et l’étendard fièrement élancé.
CAPTION 8 - FURCY, NÉ LIBRE [RÉSUMÉ ANALYTIQUE] - 13/01/2026
Nul n’est censé ignorer la loi et malheur à celui qui ne peut ni la lire ni s’en prévaloir. La limite n’est-elle pas déjà atteinte ? Si l’oppresseur, se réclamant du droit, jouit des textes de loi qui l'a lui-même formulés et ratifiés. De quelles ressources, l’oppressé pourra-t-il se revendiquer ?
Le Code noir, instrument juridiquement recevable, mis au service des bourreaux contre leurs victimes. Au delà des dualités, le mal contre le bien, le blanc contre le noir, le bourgeois contre le prolétaire, le lettré contre l’ignorant, bref finalement de ce pénible face à face, la légitimité de la justice des hommes est remise en question. La morale est bafouée et piétinée. La lueur s’étiole, les recours possibles sont nuls.
A qui ou quoi s’en remettre ? A la plaidoirie du défendeur, pour faire basculer un procès perdu d’avance ?
Loin du clash, c’est une gymnastique rhétorique, un exercice d’éloquence, un appel à la justesse du verbe. Les sophistes planchent et délivrent un cour magistral, au nom du défendant et de sa cause. L’acteur sublimant le script par sa présence même dans le silence et son jeu scénique. Le juge représentant du pouvoir judiciaire, garant de l’application des fondements, se laisse convaincre par l’une des parties, abat son marteau et prononce la sentence d’une vie. Mais la substance humaine est corruptible et imparfaite. Alors aux implorations, aux prières, l’intervention divine des cieux, apparait comme la seule option pour raviver les aspirations et l’espoir. Furcy, fils de Madeleine, transpercé dans sa chair et malmené jusque dans son être, proclame sa liberté.
CAPTION 7 - FATHER MOTHER SISTER [RÉSUMÉ ANALYTIQUE] - 11/01/2026
Trois : tableaux, pellicules, épisodes de nostalgie. Un lien au passé que l’on ne veut pas rompre, mais un regard neuf et moderne. Les scénettes structurés ainsi ; un) la scène introductive, la remémoration des souvenirs comme un moyen de contextualiser; deux) la scène principale comme le moyen de s’immerger dans ce lieu rempli de pièces du temps, témoignant de ce qui fut et de ceux que l’on a chérit. La tournure des récits allège l’esprit qui interprète et voit plein de sens partout. Dès lors, les entractes d’effets visuels, participent à rythmer. Une monotonie et un calme qui invite à l’observation et à l’éveil des sens, et qui fait s’installer un certain malaise. Là où des années plus tôt, les cris des jeunes enfants, plus insouciants, plus rêveurs, auraient agacé, portés à confusion mais animés toute la famille. Parce qu’il est question de famille, de parents longtemps idéalisés, d’enfants devenus adultes responsabilisés. Des édifices vivants d’histoires distinctes, des inconnus qui n’ont jamais su vraiment se dévoilés les uns aux autres.
CAPTION 6 - MAMAN(S) [RÉSUMÉ ANALYTIQUE], Maïmouna Doucouré - 8/01/2026
Dans l’intimité d’une famille, d’un couple devenu trouple. Dans le regard d’une jeune âme plus mature qu’elle n’y parait. Soucieuse et sensible à la peine de cœur dont elle est témoin, consternée par la trahison dont elle est aussi victime, révoltée par cet épreuve de résilience et de compromis, qu’il lui est imposée. Le cheminement amer vers l’acceptation de ce qui est sa nouvelle réalité. Un remue ménage psychique certes, mais une porte grande ouverte vers le débat, vers la déconstruction…vers une réécriture possible.
CAPTION 5 - L'AGENT SECRET, Kleber Mendonça Filho [RÉSUMÉ ANALYTIQUE] - 27/12/2025
Une minute suffit à poser l’ambiance d’un récit, qui s’annonce ensanglanté. Comme pour préparer le spectateur à la tournure tragique du métrage.
Une adaptation historique dans le montage, avec une colorimétrie filtrée mi jaunâtre mi verdâtre, évoquant la chaleur humide des tropiques; des plans originaux, un bande sonore typique et des effets spéciaux décontenançant, mais loin d’être anodins.
Comment s’immerger dans une époque révolue, sans parsemer le décor de toutes les artifices, babioles et autres apparat moderne, sans corrompre finalement l’esthétique de ce bout du temps.
Dans l’histoire, nul n’est à l’abri, le chasseur finit chassé; Armando alias Marcelo s’employant en vain à survivre face à un ennemi qu’il aura longtemps sous estimé les intentions. Prêt à tout, même à la démembrer. Pratique animalesque dirait-on, digne d’un requin blanc. Mais c’est aussi à lui que revient le mérite d'avoir documenté les faits d’une voix de maitre, rien que les faits à priori même sa propre mort ou sa propre fuite. Un visage dissimulé par un journal ou par le temps, qui fait oublier même les êtres qui furent les plus chers.
CAPTION 4 - SELMA, Ava DuVernay [RÉSUMÉ ANALYTIQUE] - 23/12/2025
Jusqu’où sommes nous prêt à aller pour défendre nos droits, nos convictions et nos valeurs ? Que sommes nous prêt à abandonner, sacrifier ou à laisser en chemin ? Et la foi dans tout ça ? Est-elle mise à mal, est-ce que l’espace d’un instant le doute apparait ? Face à une menace certaine, allons nous faire volte face ou prendre une posture coute que coute ?
Stratège, résilient et déterminé, décrieront Martin Luther King et ses fidèles, mais pas que…parce qu’avant eux du sang et des larmes ont aussi été versés. Selma est l’aboutissement d’une lutte de longue à haleine partout dans le pays, face à un système oppressif bien plus que défaillant. Dans un élan solidaire, dans une harmonie et un pacifisme à tout épreuve, une marche historique bouscule l’ordre établi et grave à jamais l’histoire américaine.
CAPTION 3 - LA CONDITION, Jérôme Bonnell [RÉSUMÉ ANALYTIQUE] - 03/01/2026
Ne dit-on pas qu’il n’y a rien de plus fort que l’amour maternelle ? Un lien irréplicable. Et le paternel dans tout ça, quelle place occupée vis à vis de sa progéniture ? Celle dont il se croit avoir l’obligation seule de nommer. La condition ou l’illustration d’un ménage fissuré, prêt à tout pour garder la face, ou du moins conserver son image dans une société théâtrale, prêt à juger au premier faux pas. Une relation infructueuse, tumultueuse qui ne tient plus qu’à une cohabitation hasardeuse et irrespirable.
Assourdi par les non dit, qui ronge les uns de l’intérieur, et éloigne les autres, dévoilant leur fragilité et insécurité. A ces unions, ces couples nés d’un rien, d’un intérêt commun, d’un attachement naissant, dont la flamme du désir ne s’est jamais finalement allumée. L’association de deux cœurs lourds, de deux histoires, de deux passés, de deux idéaux. Et dès lors, un troisième protagoniste jusqu’ici simple figurant voire objet de décor, que l’on fait entrer de force sur scène malgré lui. Fini par nous révéler à cette forme innocente de considération sincère, sans arrière pensée…,pure et profonde que l’on aurait face à son âme sœurs. Finalement la naissance d’un amour véritable ?
CAPTION 2 - LE BOURGEOIS GENTILHOMME, Anissa Allali & Francis Bolela [RÉSUMÉ ANALYTIQUE] - 15/01/2025
La scène est dressée. Comme depuis des mois, la pièce fait salle comble. Le public euphorique acclame les comédiens qu’ils n’ont même pas encore vus performé et s’imprègnent de l’énergie. La musique bourdonnante accueille les derniers arrivants, tout aussi enjoués. Les lumières s’éteignent. Les répliques pleuvent, le ton est donné et les personnages défilent. Jourdain se démarque et nul ne sert de l’introduire, il se ressent. Vivace, éloquent et magistralement animé de l’envie de nous distraire. Un attirail de références modernes, culturels et urbains saupoudre la représentation de l’œuvre du renommé Jean Baptiste Poquelin.